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Blaise de Monluc LES
DERNIERS JOURS DE SIENNE
Blaise de Monluc (1500 env. - 1577) fut de juillet 1554 à avril 1555 lieutenant général de Henri II dans la ville de Sienne, assiégée par les impériaux sous le commandement du marquis de Marignano. Sur ses vieux jours Monluc fut fait Maréchal de France et composa le récit de sa vie: les Commentaires, (publiés la première fois à Bordeaux en 1592), dont sont reproduits ici quelques passages. |
Blaise de Monluc DIE LETZTEN TAGE VON SIENA (Januar-April 1555) Zwischen Juli 1554 und April 1555 war Blaise de Monluc (1500 ca. - 1577) lieutenant général des französischen Königs in Siena, das durch kaiserliche und florentinische Truppen unter der Führung des Marquis von Marignano belagert wurde. Fast zwanzig Jahre später wurde Monluc Marschall von Frankreich und verfaßte seine Kriegsmemoiren (erschienen 1592 in Bordeaux unter dem Titel Commentaires), aus denen hier die eindrucksvollsten Seiten über den Untergang von Siena wiedergegeben werden. |
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Janvier 1555 [...] À la fin le marquis vint mettre son artillerie sur une petite montagne entre porte Oville et la grand Observance. Ce lieu-là me cuida mettre à deviner à moy-mesmes, qui pensois estre si fin, parce que à porte Oville il y a une grande antiporte fort large, et que les maisons de la ville se touchent presque, n'y ayant que la ruhe entre deux, n'estant possible de long temps y faire la retirade necessaire; car il falloit abattre plus de cent maisons. Cela me faschoit extremement: car c'est autant acquerir d'ennemis dans noz entrailles, car le pauvre citadin qui voit enlever sa maison pert patience. Je baillay au comte de Bisque la charge de faire terrasser ceste porte. Nous prenions la terre dans des jardins et vacans qu'il y a un peu à main gauche. O le bel exemple que voicy et que je veux coucher par escrit, afin de servir de miroir à ceux qui voudront conserver leur liberté! Tous ces pauvres habitans, sans monstrer nul desplaisir ny regret de la ruyne de leurs maisons, mirent les premiers la main à l'œuvre. Chascun accourt à la besogne. Il ne fust jamais qu'il n'y eust plus de quatre mil âmes au travail; et me fust montré par des gentils-hommes sienois un grand nombre de gentil-femmes portans des paniers sur leur teste pleins de terre. Il ne sera jamais, dames siennoises, que je n'immortalize vostre nom tant que le livre de Monluc vivra; car, à la verité, vous estes dignes d'immortelle loüange, si jamais femmes le furent. Au commencement de la belle resolution que ce peuple fit de deffendre sa liberté, toutes les dames de la ville de Sienne se despartirent en trois bandes: la première estoit conduicte par la signora Forteguerra, qui estoit vestue de violet, et toutes celles qui la suivoient aussi, ayant son accoustrement en façon d'une nymphe, court et monstrant le brodequin; la seconde estoit la signora Picolhuomini, vestue de satin incarnadin, et sa trouppe de mesme livrée; la troisiesme estoit la signora Livia Fausta, vestue toute de blanc, comme aussi estoit sa suitte, avec son enseigne blanche. Dans leurs enseignes elles avoient de belles devises; je voudrois avoir donné beaucoup et m'en resouvenir. Ces trois escadrons estoient composez de trois mil dames, gentil-femmes ou bourgeoises; leurs armes estoient des pics, des palles, des hotes et des facines. Et en cest equipage firent leur monstre et allèrent commencer les fortifications. Monsieur de Termes, qui m'en a souvent faict le compte (car je n'estois encore arrivé), m'a asseuré n'avoir jamais veu de sa vie chose si belle que celle-là. Je vis leurs enseignes despuis. Elles avoient faict un chant à l'honneur de la France, lorsqu'elles alloient à leur fortification; je voudrois avoir donné le meilleur cheval que j'aye et l'avoir pour le mettre icy. Et puisque je suis sur l'honneur de ces femmes, je veux que ceux qui viendront après nous admirent et le courage et la vertu d'une jeune Sienoise, laquelle, encor qu'elle soit fille de pauvre lieu, merite toutefois estre mise au rang plus honnorable. J'avois faict une ordonnance, au temps que je fuz creé dictateur, que nul, à peine d'estre bien puny, ne fallist d'aller à la garde à son tour. Ceste jeune fille, voyant un sien frère, à qui il touchoit de faire la garde, ne pouvoir y aller, prend son morrion, qu'elle met en teste, ses chausses et un colet de beuffle, et, avec son hallebarde sur le col, s'en va au corps de garde en cest equipage, passant, lorsqu'on leust le rolle, soubz le nom de son frère; fit la sentinelle à son tour, sans estre cogneue, jusques au matin que le jour eust poinct. Elle fust ramenée à sa maison avec honneur. L'après-dinée, le seigneur Cornelio me la monstra. [...] Or, ils ne se peurent bonnement accorder aux bouches inutiles, pource que l'un vouloit favoriser l'autre; et me crearent par balotte leur dictateur general pour l'espace d'un mois, de sorte que le capitaine du peuple ny le Magistrat pendant ce temps ne commandarent jamais rien, ains moy absoluement tenois le rang et l'estat que faisoient anciennement les dictateurs romains. Je creay six commissaires pour faire la description des bouches inutiles, et après baillay ce rolle à un chevalier de Sainct Jean de Malte, accompagné de vingt-cinq ou trente soldats, pour les mettre dehors: ce qui fust faict dans trois jours après que j'euz baillé le rolle. Et si n'estoit que j'ay bon tesmoignage des Sienois et des officiers du Roy et capitaines qui estoient dans Siene, je ne mettrois cecy par escrit, craignant qu'on dict que je fusse un menteur. C'est chose qui est veritable. Je vous dis que le rolle bouches inutiles se monta quatre mil et quatre cents ou plus; que, de toutes les pitiez et desolations que j'ay veu, je n'en vis jamais une pareille, ny n'en verray à l'advenir, à mon advis: car le maistre falloit qu'il abandonnast son serviteur, qui l'avoit servy longtemps, la maistresse sa chambrière, et un monde de pauvres gens qui ne vivoient que du travail de leurs bras; et pour trois jours ceste desolation et pleurs dura. Ces pauvres gens s'en alloient à travers des ennemis, lesquels les rechassoient vers la cité; et tout le camp demeuroit nuict et jour en armes pour cest effect, car ils les nous rejettoient jusques au pied des murailles, afin que nous les remissions dedans, pour plus tost manger ce peu de pain qui nous restoit, et veoir si la cité se voudroit revolter, pour la pitié de leurs serviteurs et chambrières. Mais cela n'y fist rien, et si dura huict jours. Ils ne mangeoient que des herbes, et en mourust plus de la moitié, car les ennemis les tuoyent, et peu s'en sauva. Il y avoit un grand nombre de filles et belles femmes: celles-là avoient passage, car la nuict les Espagnols en retiroient quelques unes de ceux-là pour leur^provision, mais non que le marquis le sçeust, car il leur alloit de la vie, et quelques hommes forts et vigoureux, qui passoient et eschappoient la nuict. Mais tout cela ne venoit pas à la quarte part, car le demeurant mourust. Ce sont des loix de la guerre. Il faut estre cruel bien souvent pour venir à bout de son ennemy. Dieu doit bien estre misericordieux en nostre endroict, qui faisons tant de maux. Mars 1555 [...] Or, après que le marquis
eust perdu toute son esperence et toutes ses ruses, il nous laissa en
paix, ne s'attendant nous avoir qu'au dernier morceau de pain. Et commençâmes
à entrer au moys de mars, nous ayant tout failly, car de vin il n'en y
avoit une seulle goutte en toute la ville dès la demy-fevrier. Nous avions
mangé tous les chevaux, asnes, mulets, chats et rats qui estoient dans
la ville. Les chats se vendoient trois et quatre escus, et le rat un escu.
Et en toute la cité n'estoit demeuré que quatre vieilles jumens, si maigres
que rien plus, qui faisoient tourner les moulins; deux que j'en avois,
le contrerooleur La Molière le sien, et l'Espine, thresorier, le sien;
le sieur Cornelio, une petite haquenée baye, qui avoitperdu la veue de
vieillesse; messer Hieronim Espanos, un cheval turc qui avoit plus de
vingt ans. Voylà tous les chevaux et jumens qui estoient demeurez dans
la ville en ces extremitez plus grandes que je ne vous sçaurois representer,
car je croy qu'il n'y a rien si horrible que la famine. De Rome en hors,
l'on nous donna quelque esperance de secours, et que le Roy envoyoit monsieur
le mareschal de Brissac nous secourir: qui fut cause que nous accourcîmes
nostre pain à douze onces, les soldats et les gens de la ville à neuf.
Cependant peu à peu nous perdions plusieurs habitans et soldats, qui tomboient
morts sur la place en cheminant, de sorte qu'on mouroit sans maladie.
A la fin, les medecins cogneurent que c'estoit les mauves qu'on mangeoit,
pour ce que c'est un' herbe qui lasche l'estomac et garde de faire digestion.
Or n'avions-nous autres herbes au long des murailles de la ville, car
tout estoit mangé, et encores n'en pouvoit-on avoir sans sortir à l'escarmouche,
et alors tous les enfans et femmes de la ville sortoient au long des murailles;
mais je vis que j'y perdois force gens, et ne voulus plus laisser sortir
personne. Or, d'ouyr plus nouvelles de monsieur le mareschal, n'y avoit
plus remède, car les tranchées venoient jusques auprès des portes, lesquelles
tranchées le marquis avoit faict redoubler, pour craincte que nous sortissions
à la desesperade sur luy et luy donnissions la bataille, comme autresfois
avoient faict les Sienois ès guerres qu'ils avoient eu, comme eux-mesmes
racontoient. Avril 1555 Or parleray-je à present de moy comme je vivois. Je n'avois non plus davantage que le moindre soldat, et mon pain ne pesoit que douze unces, et ne s'en faisoit de blanc que sept ou huict, de quoy les trois venoient à mon logis et le reste se gardoit pour quelque capitaine qui estoit malade. Ny la ville ny nous ne mangeâmes jamais, depuis la fin de fevrier jusques au vingt-deuxième d'avril, qu'une fois le jour. Je ne trouvay jamais soldat qui en fit plaincte. Et asseurez-vous que les remonstrances que je leur faisois souvent nous servoient de beaucoup; car, s'ils s'en fussent voulu aller au camp de l'ennemy, le marquis les eust fort bien traictez, car les ennemis estimoient fort nos soldats italiens et françois, et aux escarmouches ils cognoissoient leur valeur. J'avois achapté trente poulles et un coq pour me faire des œufs, et en mangions, le sieur Cornelio, le comte Gayas et moy, parce que tous trois mangions tousjours ensemble, un quartier le matin et un autre le soir. Mais vers la fin du mois de mars, cela fut tout mangé, et le coq et tout. C'est dommage qu'il n'en y eust davantage. Ainsi je demeuray sans chair et sans œufs, et ne mangions plus que nostre petit pain et un peu de pois avec du lard et des mauves bouillies, une fois le jour seulement. Le desir que j'avois d'acquerir de l'honneur et de faire souffrir ceste honte à l'Empereur d'avoir arresté si longuement son armée, me faisoit trouver cela si doux qu'il ne m'estoit nulle peine de jeusner. Ce chetif souper avec un morceau de pain m'estoit un banquet, lorsq'au retour de quelque escarmouche je sçavois les ennemis estre frottez, ou que je sçavois qu'ils estoient en mesme peine que nous. Mais, pour retourner à la capitulation, le marquis envoya devers le duc de Florence, et dom Johan Manricou, qui estoit ambassadeur pour l' Empereur, vers le pape, lequel se tenoit à Florence à cause du siège. Ledict duc envoya un sauf-conduict. Les Sienois aussi envoyarent devers le pape, qui estoit pape Julle, qui mourut deux ou trois jours après; duquel ils eurent mauvaise responce, leur reprochant leur obstination et qu'ils se retirassent au duc de Florence et luy baillassent la carte blanche. C'estoit un terrible pape. Le duc usa de plus grande honnesteté et se monstra plus courtois, comme doit faire un prince qui desire attirer et gagner le cœur d'un peuple. C'estoit aussi un des plus sages mondains qui ait esté de nostre temps; il luy a bien servy, ayant à establir sa principauté au temps des deux plus grands et ambitieux princes qui furent jamais, lesquels avoient grand' enuie mettre le pied en Italie. Mais l'Espagnol a esté plus fin que le nostre, et ce duc s'est tres bien gouverné. Il s'appeloit Cosme, et croy qu'encores il est en vie. Pendant tous ces pourparlers, alarent et revindrent, huict jours durant, de Florence au camp. [...] Et ainsi allasmes jusques au dimanche matin, qui estoit le vingt deuxième d'avril, que nous sortismes ainsi que s'ensuit. Avant que personne de nous sortît, je remis la citadelle et le fort de Camolia entre les mains des Sienois, là où ils meirent un'enseigne en chacun; et leur fis mettre une enseigne en chasque porte de la cité, que nous tenions ouverte, puis revins à porte Nove. Le marquis avoit faict mettre toute son infanterie espagnolle tout au long de la rue qui va à Sainct-Lazare deçà et delà, ses Allemans en bataille un peu à main droicte dans un champ; et à Sainct-Lazare estoit le sieur Cabry, son nepveu, avec cinquante ou soixante chevaux, qui est tout ce qu'ils avoient, comme desjà j'ay escript, et trois cents arquebuziers italiens qu'il avoit prins dans les forts de Sainct-Marc et Camollia, qui estoit la garde que le marquis avoit ordonné pour nous faire compagnie. Le sieur Cornelio et le comte de Gayas, armez, la picque sur le col, coste et coste, une trouppe d'arquebuziers après eux; et après deux capitaines, qui amenoient la teste des picquiers, là où il y avoit force corcelets, et au milieu des picquiers les enseignes desployées et haussées; et à la queue des picquiers, le demeurant des arquebuziers, et deux capitaines estoient à leur queue. Le samedy, j' avois envoyé prier le marquis qu' il voulût user d' honnesteté envers les femmes ancienes et les enfans qui sortoient avec nous, de nous prester quarante ou cinquante mulets de ceux de sa munition, ce qu'il fit; et, avant sortir, les fis distribuer aux Sienois, lesquels chargèrent les anciennes femmes, et quelques enfans sur les genous. Toute la reste estoit à pied, là où il y avoit plus de cent filles suivant leurs pères et mères, et des femmes qui portoient des berseaux, où estoient leurs enfans, sur leurs testes; et eussiez veu beaucoup d' hommes qui tenoient en une main leur fille et en l'autre leur femme; et furent nombrez à plus de huict cents hommes, femmes, enfans. J'avois veu une grande pitié aux bouches inutiles; mais j'en vis bien autant à la despartie de ceux qui s'en venoient avec nous et ceux qui demeuroient. Oncques à ma vie je n'ay veu despartie si desolée; et, encore que nos soldats eussent pâty jusques à toute extremité, si regrettoient-ils infiniment ceste despartie et qu'ils n'eussent la commodité de sauver la liberté de ce peuple, et moy encor plus, qui ne peus sans larmes voir toute ceste misère, regrettant infiniement ce peuple qui s'estoit montré si devotieux à sauver sa liberté.
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Januar 1555 [...] Schließlich postierte der Marquis seine Artillerie auf eine kleine Anhöhe zwischen dem Stadttor Porta Ovile und dem Osservanza-Kloster. Seine Entscheidung setzte mich in Zugzwang, der ich mich so sicher gedeucht hatte; denn Porta Ovile hat ein mächtiges Vortor, und die Häuser in jener Gegend sind so eng aneinander gebaut, daß sie sich über der Straße hinweg fast berühren: seit langer Zeit war dort nicht möglich gewesen, den nötigen Freistreifen an der Mauer herzurichten, der den Abriß von mehr als hundert Häusern bedeutet hätte. Dies setzte mich in äußerste Verlegenheit, denn Leute, die ihr eigenes Haus abtragen sehen, verlieren natürlich die Geduld und werden zu inneren Feinden; so beauftragte ich Graf Bisque mit der Verschanzung des Tors. Die Erde dazu holten wir aus Gärten und unbebautem Gelände, das es innerhalb der Stadtmauer etwas weiter linker Hand gibt. Was für ein Vorbild für alle, die ihre Freiheit bewahren wollen, möcht' ich hier schriftlich festhalten! Ohne äußere Anzeichen von Schmerz oder Bedauern trugen die bemitleidenswerten Bewohner ihre Häuser mit eigenen Händen ab! Alle Bürger der betroffenen Gegend setzten sich ans Werk, es waren ihrer in keinem Moment weniger als viertausend; und einheimische Edelmänner machten mich auf zahlreiche adlige Damen aufmerksam, die mit ihren Mitbürgern Körbe voller Schutt und Erde auf dem Haupt trugen. Es soll nicht fehlen, ihr Frauen von Siena, daß euer Andenken durch mich verewigt wird, solange es das Buch von Monluc gibt; denn wahrlich seid ihr es, wenn jemals Frauen ewigen Ruhm verdient haben! Von dem Moment an, in dem dieses Volk den herrlichen Entschluß faßte, seine Freiheit auch diesmal zu verteidigen, teilten sich die Damen der Stadt Siena in drei Truppen: die erste war von der signora Forteguerri geführtund durch veilchenblaue Kleidung kennzeichnet, sie waren wie Nymphen mit kurzem Rock aufgemacht, der die Stiefelchen sehen ließ; die zweite hatte fleischfarbiges Zeug an und als Führerin die signora Piccolomini; die dritte, von der signora Livia Fausta befehligt, kleidete sich im Weiß und trug weiße Standarte. Auf allen drei Bannern standen schöne Sprüche und ich gäbe viel darum, sie noch hersagen zu können. Diese drei Schwadronen waren dreitausend Frauen aus Adel und Bürgertum stark und mit Picken, Pfählen, Körben und Faschinen bewaffnet. In dieser Ausrüstung traten sie auf und machten sich an die Befestigungsarbeit. Monsieur de Thermes hat mir das immer wieder erzählt (denn ich war am Anfang noch nicht in Siena) und beteuert, nichts Herrlicheres in seinem ganzen Leben gesehen zu haben. Ich selbst konnte es später sehen. Sie sangen auch ein Lied zu Ehren Frankreichs, als sie zu ihrer Schanze marschierten; ich würde mein bestes Pferd dafür geben, mich an den Wortlaut zu erinnern und es hier setzen zu können. Und da ich bei der Würdigung dieser Frauen bin, will ich die Hochachtung der Nachwelt einer jungen Senesin sichern, der, obwohl aus niedrigen Verhältnissen, der Tugend und dem Mut nach der höchste Rang gebührt. Zu der Zeit, in der die Senesen mir diktatorische Macht verliehen hatten, setzte ich durch Erlaß schwere Strafen auf jedes Fernbleiben vom zugewiesenen Wachposten. Als eines Nachts ein Bruder dieser jungen Frau zwar an der Reihe aber nicht imstande war, den Wachdienst zu versehen, setzt sie selbst seine Sturmhaube auf, zieht seine Kniehose sowie den Lederharnisch an, nimmt seine Hellebarde auf die Schulter, und geht so gewappnet zur Wache, wo sie sich anstelle des Bruders meldete, als man die Namenliste verlas; unerkannt stand sie Wache bis zum Anbruch des Tages. Dann wurde sie erkannt und mit Ehre nach Hause zurückgeführt. Nachmittags zeigte sie mir der signor Cornelio. [...] Da die Senesen sich über die aus der Stadt zu entfernenden unnützen Esser nicht einigen konnten, denn der eine wollte diesen, der andere jenen auf die Liste eintragen, machten sie mich durch geheime Wahl zum Diktator für die Frist eines Monats, so daß Volkskapitän und Magistrat nicht die geringste Befehlsgewalt hatten, ich aber die absolute, wie ein römischer Diktator in der Antike. So ernannte ich sechs Beauftragte, welche die Liste der unnützen Esser redigierten; dieses Papier übergab ich dann einem senesischen Ritter vom Malteser Orden, der mit fünfundzwanzig bis dreißig Mann Begleitung die Aussetzung der unnützen Personen innerhalb von drei Tagen vollstreckte. Hätte ich nicht das ganze Volk von Siena und so viele Offiziere meines Königs als Zeugen, würde ich die Sache nicht einmal erwähnen - aus Furcht, ein Lügner geschimpft zu werden. Doch so verhielt es sich: viertausend und vierhundert oder mehr Namen standen auf der Liste, und soviel Not und Unglück ich auch je gesehen habe, das hier hat alles überstiegen; niemals werde ich wieder Zuschauer von auch nur vergleichbarem Leiden sein, davon bin ich überzeugt; denn der Herr mußte den Knecht verabschieden, der ihn lange bedient hatte, die Dame das Zimmermädchen usw., eine Menge armer Leute, die nur von der Arbeit ihrer Hände lebten; und solches Jammer und Trostlosigkeit währte drei ganze Tage. Die Ausgesetzten gingen mitten durch die Feinde, die sie aber zur Stadt zurückjagten; eigens dafür legten die Belagerer nun tag und nacht die Waffe nicht aus der Hand, schoben die armen Teufel an die Stadtmauer zurück, damit wir sie wieder einließen und das Bißchen Brot, das uns blieb, schneller aufzehrten; sie wollten sehen, ob die Bevölkerung sich aus Mitleid mit ihren Bedienten aufwiegeln lasse. Doch damit war nichts, und acht Tage lang ging die Sache nicht weiter. Die Ausgesetzten aßen nichts als Gras, aber nicht deswegen starb mehr als die Hälfte von ihnen, sondern weil die Feinde sie töteten. Nur junge und schöne Frauen wurden geschont, denn in der Nacht wollten die Spanier dann welche bei der Hand haben, obwohl der Marquis das unter Todesstrafe gesetzt hatte; und gerade in der Nacht konnten manche rüstigen ausgesetzten Männer die feindlichen Linien ungesehen passieren. Doch alles in allem blieb nicht der vierte Teil am Leben. Es ist das Gesetz des Krieges: man muß oft grausam verfahren, um mit dem Feind fertig zu werden. Sei uns Gott gnädig, die wir soviel Leiden erzeugen! März 1555 [...] Nachdem nun der Marquis mit seinem Kriegslatein am Ende war, ließ er uns in Ruhe im Bewußtsein, daß erst der Hunger uns ihm ausliefern würde. Als der März begann, fehlte es uns bereits an allem: seit Mitte Februar gab es in der ganzen Stadt keinen Tropfen Wein; alle Pferde, Esel, Maultiere, Katzen und Ratten hatten wir verzehrt; die letzten Katzen verkaufte man für drei oder vier scudi, Ratten für einen scudo pro Stück. Vier ausgemergelte Stuten blieben der Stadt noch zum Mühlenbetrieb, zwei hatte ich, eine der Aufseher Molière und eine der Schatzmeister L'Espine; der signor Cornelio besaß einen kleinen rotbraunen Zelter, der vor Alter erblindet war; messer Geronimo ein mehr denn zwanzigjähriges türkisches Pferd. Das war's. Was soll ich mehr sagen, um euch den Hunger, dieses schlimmste aller Übeln zu beschreiben? Aus Rom machte man uns Hoffnungen, daß der König den Marschall de Brissac zu unserer Entsetzung senden würde, weshalb wir unsere tägliche Brotration auf zwölf Unzen herabsetzten, die Soldaten und die Einheimischen sogar auf neun, um länger auszuhalten. Immer mehr Leute und Soldaten brachen so mir nichts dir nichts auf der Straße zusammen und starben ohne zu erkranken. Die Ärzte sagten, schuld daran sei der Verzehr von Malve, die auf den Magen abführend wirke und die Verdauung hindere. Aber wir hatten keine andern Gräser an der Stadtmauer, denn alles hatten wir aufgegessen, und weiter weg konnten die Sammler ohne Geplänkel mit dem Feind nicht gehen; die sammelnden Kinder und Weiber hielten sich dicht an der Mauer, was allerdings nicht hinderte, daß viele vom Feind erschossen wurden, so daß ich irgendwann keinen Menschen mehr aus der Stadt ließ. Wir bekamen auch keine Nachrichten mehr vom Marschall3, denn der Marquis hatte die Schützengräben verdoppeln und bis dicht vor den Toren anlegen lassen aus Angst davor, daß wir mit der Kraft der Verzweiflung einen Ausfall versuchen und ihm eine Schlacht liefern könnten, wie die Senesen nach ihren eigenen Erzählungen auch in anderen Kriegen mit Erfolg getan hatten. April 1555 Von meinem Alltag im belagerten Siena will ich nun näher berichten. Ich genoß nicht viel mehr Bequemlichkeiten als der letzte meiner Soldaten, meine Brotration betrug zwölf Unzen, davon nur sieben oder acht aus weißem Mehl, wovon wiederum nur drei in meine Wohnung geliefert wurden, während der Rest diesem oder jenem kranken Hauptmann zur Ernährung dienten. Zwischen Ende Februar und dem 22. April aß niemand in der Stadt, auch wir nicht, öfter als einmal am Tag, und kein Soldat beschwerte sich während der ganzen Zeit darob. Wenn die Moral der Truppe hoch blieb, dann zweifellos dank den häufigen Anredungen, die ich ihr hielt; Deserteure wären nämlich mit offenen Armen vom Marquis aufgenommen worden, der unsere Italiener und Franzosen aus Gefechten kannte und schätzte. Dreißig Hennen und einen Hahn hatte ich gekauft, um mich mit frischen Eiern zu versorgen, was auch dem signor Cornelio und Graf Gayas zugute kam, mit denen ich immer speiste, abwechselnd bei mir und bei einem von ihnen. Doch Ende März hatten wir den ganzen Hühnerstall aufgezehrt, Hahn und alles, und mehr gab's leider nicht. So blieb ich ohne Fleisch und ohne Eier und wir aßen nur noch unser Brot mit ein wenig Erbsen und Speck sowie gekochter Malve, einmal am Tag. Was mir trotzdem alles versüßte und selbst über das Fasten hinwegsehen ließ, war mein Wunsch, mir Kriegsruhm zu erwerben und dem Kaiser die Schmach zuzufügen, seine Armee so lange aufgehalten zu haben. Die ärmliche Mahlzeit mit dem Bissen Brot kam mir wie ein Bankett vor, wenn ich nach einem Scharmützel den Feind tüchtig verhauen oder ihn in unserer gleichen Not wußte. Doch um wieder auf die Kapitulation zu sprechen zu kommen, hatte der Marquis zum Herzog von Florenz, zum Papst und zum kaiserlichen Botschafter don Juan Manrique geschickt, der sich wegen der Belagerung von Siena in Florenz aufhielt. Der Herzog sandte darauf einen Passierschein4. Auch die Senesen schickten zum Papst, der Julius hieß und wenige Tage später starb; sie erhielten von ihm böse Antwort und die Ermahnung, ihre Unbeugsamkeit abzulegen, sich ganz dem Herzog von Florenz anzuvertrauen und ihm carte blanche zu geben. Es war ein schrecklicher Papst. Der Herzog verfuhr indessen mit höchster Korrektheit und zeigte sich höflicher, wie ein Fürst tun muß, der ein Volk für sich gewinnen will. Er ist einer der klügsten Weltmänner gewesen, die unsere Zeit hervorgebracht hat; das hatte er auch nötig, um sich sein Herrschaftsbereich in einer Zeit aufzubauen, in der die beiden größten Monarchen der Weltgeschichte herrschten. Der Spanier war gerissener als unserer König, und der Herzog hat sich sehr gut durchgeschlagen. Er hieß Còsimo und, soviel ich weiß, lebt er noch. Während dieser Besprechungen, innerhalb von acht Tagen, gingen die Boten nach Florenz und kamen zu den Belagerern zurück. [...] Und so ging es bis Sonntag früh, dem
22. April, als wir folgendermaßen die Stadt verließen. |
Für die deutsche
Übersetzung
© Marco Bucciarelli
Marco Bucciarelli, il toscanaccio: un europeo fuori dal coro.
Marco Bucciarelli, il toscanaccio: ein unangepaßter Europäer.
Marco Bucciarelli, il toscanaccio: un Européen hors du troupeau.
www.toscanaccio.eu